Remplir le vide

Remplir le vide

Gabarit - Vide de la dent creuse

Gabarit - Vide de la dent creuse

Structure respectant le gabarit

Structure respectant le gabarit

Surface créée

Surface créée

Enveloppe

Enveloppe

MINOT-C-ROS 

[TERTIAIRE] Concours acier OTUA "imaginez vos futur bureaux" - Marseille [1er PRIX]

Équipe : Jonathan Cacchia, Yannick Martin, Jonathan Monier, Gordon Wourms

Présidente du Jury : Anne Lacaton (architecte, Grand prix national de l'architecture 2008)
Thème : Imaginez vos futur bureaux

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Le cœur de la cité, le cœur d’îlots.

 

Ce projet s’inscrit dans un endroit exceptionnel, symbolique, au statut quasi intouchable : le Vieux Port de Marseille.

 

Un tel site implique une démarche humble, délicate, et résolument simple. Ce projet a donc la volonté de proposer une conception naturelle : il s’enracine dans un cœur d’îlots pour croître et s’épanouir vers le Vieux Port.

 

Le fait que la base de ce projet se situe dans un cœur d’îlots est plutôt inhabituel. La base ne se voit pas, elle est inaccessible ; l’entrée même n’est pas évidente, elle est une porte discrète, à échelle humaine. L’espace initial s’inscrit dans du négatif : à l’étroit, en retrait et dans l’ombre. Rien à voir avec l’atmosphère du Port.

 

Mais l’attractivité du cœur de Marseille et la simplicité de la structure vont établir une tension, une situation presque paradoxale qui va faire fructifier cette zone résiduelle. En effet, la structure s’élève, et ainsi le cœur d’îlots en prenant de la hauteur acquiert aussi une nouvelle dimension. Cette colonne vertébrale situe le cœur d’îlots et indique sa position exceptionnelle. Naturellement, la structure sort de cette enclave et se tourne vers le soleil, vers le cœur de la ville.

 

Et ce, dans un mouvement fluide et naturel, la structure se pose, elle ne s’impose pas, elle ne repousse pas les éléments qui l’entourent et forme une tension, un porte-à-faux. Rien n’est bouleversé, pas même le Vieux- Port qui n’aurait pas à subir le trouble d’une grue fixe. Cette structure simple et ordonnée présente un module répétitif, et, même si elle est lourde, cette structure primaire peut ainsi être préfabriquée et assemblée sur place. La nuisance du gros œuvre écartée. Le Vieux Port préservé.

 

La façade du projet est à l’opposé du cœur d’îlots, elle a de la hauteur, elle flotte presque, son attache semble improbable. Elle est exposée à l’agitation constante du Port et au regard bienveillant de la Bonne Mère. Le soleil, lui, est encore plus intense et pesant. C’est pour cela que la structure est recouverte d’une peau. La même dont était recouverte le rhinocéros, qui, au 16 ème siècle, avait fasciné la ville entière. Ce dinosaure, cet animal extraordinaire gravé par Dürer et figé comme modèle mythique aux contours hallucinés.

 

Cette cuirasse est protection, un filtre qui évite la brûlure mais qui laisse à l’œil la liberté d’observer, de contempler. Elle est aussi respiration entre deux atmosphères, elle régule la circulation de l’air. Mais elle est également évolution, elle se fronce en chaque endroit, et maîtrise l’exposition au soleil.

 

Ce projet est un élan, une respiration et une évolution vers le Vieux Port. La structure entière est un porte-à-faux vers la mer, presque jusqu’au déséquilibre, jusqu’à la chute. Mais elle ne finit pas dans la mer comme notre animal de légende, le rhinocéros qui termina son voyage en Méditerranée, seulement le projet plane au-dessus, au gré du mistral d’acier et l’agence porte en elle le lointain souvenir de ce mythe esthétique réincarné.