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LA CITÉ DES RÊVES

[URBANISME] Unification et aménagment du port et du chantier naval - La Ciotat

Projet d'étude : Jonathan Cacchia, Constance Catalan, David Fouquet, Audrey Rayssac, Gordon Wourms

Professeur : Jean-Marc Huygen
Programme : 
Aménagment urbain de l'ensemble port et chanitier naval. Implatation de :

  • Marché

  • Médiathèque 

  • Logements

  • École navale

  • Ateliers d'artistes

  • Salle de concert polyvalente

  • Aménagements balnéaires

  • Ensembles de cabanons

 

 

 La Ciotat, en apparence et sur la carte postale, ville portuaire, berceau du cinéma et de la pétanque. Aujourd’hui, son développement et ses priorités se réduisent essentiellement au tourisme (plages, promenades, centres commerciaux et futurs casinos dernière génération). Ainsi l’hiver il ne s’y passe rien ou pas grand chose, comme pour de nombreuses villes de la Côte d’Azur auxquelles elle tente tant de ressembler. Lorsque les beaux jours reviennent, ils ramènent avec eux la foule, les touristes, la «masse». 

 L’invasion peut alors commencer, dès lors tout se met en marche, se réveille, dans un mouvement constant pendant deux longs mois. La célèbre enseigne de fast-food et son gigantesque “M” aux couleurs criardes symbolisent l’entrée de la ville et filtrent de manière

 ingénieuse les estivaux pris au piège d’une soudaine envie de friture après un long voyage. Les bars et glaciers sortent chaises et tables à n’en plus finir, les plages sont piétinées par des tonnes d’humains, les marchands ambulants déambulent 24 heures sur 24, les commerces vendent tout ce qu’ils ont et même ce qu’ils n’ont pas... Puis arrivent les premiers jours de septembre. Plus rien, plus personne, plus de bruit. Une angoisse de solitude effleurerait presque les habitants. Le contraste est tellement saisissant et violent que cela peut effrayer, mais l’habitude efface cette sensation désagréable de changement soudain. La machine s’est arrêtée, la cité se rendort.

Voilà ce que l’on peut naturellement ressentir dans cette ville : série de contrastes, de sensations fortes. Mais aucune n’égale l’éblouissement que l’on peut éprouver à la vue de cette baie accueillante qui côtoie les gigantesques masses rocheuses du Mugel et contraste avec les danseuses de métal, les grues des chantiers. Aujourd’hui, la ville est une machine économique à deux vitesses où tous les rouages sont mis en action avec la masse touristique et pour la masse touristique seulement. Mais hier, la ville était aussi

une machine : une machine industrielle où tous les habitants étaient ouvriers et donnaient vie aux chantiers navals pour créer d’immenses bateaux et ce durant toute l’année dans un grand mouvement de groupe. N’est-ce pas là que naît le malaise? Le but de ce travail est de chercher des alternatives au système actuel qui dévore nos villes, tout en se basant sur une réappropriation des sites industriels désaffectés et sur des problématiques spécifiques à La Ciotat. 

 

La Ciotat aujourd’hui est une ancienne ville industrielle qui fut mondialement reconnue. Les traces de cette ville hyperactive sont toujours présentes : les chantiers navals de La Ciotat sont toujours là, les structures sont toujours debout. Mais le tout résonne comme une immense coquille vide. 

La Ciotat aujourd’hui souffre de la spéculation immobilière, celle qui ravage nos territoires d’années en années, des zones commerciales sont implantées radicalement sans pensée architecturale, et souvent disposées de manière systématique aux portes des villes.

Il faut arrêter ce mécanisme et penser à la ville comme une entité unique sur laquelle on ne peut pas simplement calquer des principes de consommation de masse.

La Ciotat aujourd’hui c’est aussi et surtout l’économie et la culture de la ville balnéaire reposant uniquement sur le tourisme estival, au détriment de l’origine, l’histoire, la culture, le vivre ensemble. 

 

 La guerre des possibles est ouverte. La structure urbaine peut alors se mettre en place mais comment ? Il faut laisser le temps à l’espace de s’approprier un nouvel usage en fonction de projets qui changent et génèrent de nouvelles identités. C’est par acupuncture que l’on contient et alimente le nouveau centre.

Les lieux d’interventions sont alors minutieusement choisis pour un programme spécifique autonome et dépendant les uns des autres. Ces nouvelles polarités reliées par le boulevard fonctionneront alors ensemble et pourront générer de nouveaux usages et structures dans le vide qui les sépare.

La machine redémarrera. Le mouvement, les bruits et les chocs se manifestent au coeur de l’arène, un quotidien dynamique génère de nouveaux rapports sociaux entre habitants, étudiants, ingénieurs et ouvriers. C’est l’engrenage d’une nouvelle vie urbaine par l’apprentissage, le travail et le tourisme. “Le lieu ne se distingue pas lui-même : il distingue avant tout en lui, par lui, à travers lui une possibilité : qu’il se passe quelque chose. Or cette possibilité ne peut être programmée ni aménagée. On ne détermine pas la finalité d’un lieu. On peut seulement laisser un lieu se disposer pour ces possibles. On peut donner lieu au lieu. Cela se nomme habiter, ou bien contempler.” Jean-Luc Nancy, Le poids d’une pensée. 

Transformation, adaptation, appropriation sont les maîtres mots. On ne fabrique pas une nouvelle ville mais une nouvelle centralité à partir d’éléments existants, d’identités fortes, et d’habitants en demande d’évolution respectueuse de leur passé. Le temps a marqué de forts événements, a constitué de nouvelles identités, et c’est ainsi qu’il fera encore et encore.